1 journée avec les communautés
Cette journée était réservée pour nous, les petits nouveaux de Virlanie, dans le but de nous montrer précisément l’origine des enfants que nous recueillons. Nous nous sommes ainsi retrouvés dans 4 bidonvilles différents.
Le premier est le plus grand d’Asie. Un vrai labyrinthe où les petites ruelles sont étroites et sombres, même en plein jour ; Où certains coins de rues sentent un mélange d’urine, d’ordures et de crasse ; Où un nombre incalculable de fils électriques sont à hauteur d’homme, s’enroulent entre eux et se croisent pour finalement se rejoindre sur un énorme poteau (les jours de pluie doivent être sacrément redoutés) ; Où les chats ont coupé court à mon idolâtre pour eux.
Le second est le bidonville inondé vu l’avant-veille à Divisoria. Nous avons donc eu droit à une visite privée de son antre. Ce bidonville là flotte et tous les abris sont en fait en bois, plaquo… étant donné l’humidité, les pluies torrentielles et la mini rivière qui passe dessous, on imagine que c’est assez fréquemment que des maisons s’écroulent. Et on ne préfère pas imaginer le résultat si un incendie se déclarait. Nous sommes monté dans un…je ne sais pas vraiment comment nommer ces abris tellement ils sont vétustes. Primaires. Je suis vite redescendu de peur que le plancher ne s’écroule et que l’on ne se retrouve dans l’eau !
Le troisième bidonville est à la sortie de la ville, il s’appelle la montagne d’ordure. C’est le lieu où les camions de Manila viennent déverser tous les déchets. L’odeur est, à certains endroits, à la limite du supportable. Au fil des ans cela a créé une énorme montagne. Sur les flancs, la nature a repris ses droits sur l’Homme (comme bien souvent) et de l’herbe a poussé. Aujourd’hui on distingue les ordures du passé grâce à la pelleteuse qui creuse la montagne pour faire de la place, pendant que les enfants brûlent les détritus au gaz toxique dans l’espoir de trouver de la ferraille pour pouvoir la revendre. Voici la principale source de revenus de cette communauté installée au pied de cette montagne.
La dernière communauté est différente des autres car elle se situe en pleine campagne. La pauvreté reste la même mais les enfants échappent à la pollution et à la violence de la ville. Cela m’a paru moins extrême que dans les précédents bidonvilles.
Durant toute cette journée, nous avons pu constater les conditions de vie inhumaines dans lesquelles ces communautés vivent. Nous avons pu voir que même au milieu de tant de misère, les gens restent dignes. Ils sont, pour la plupart, propres et bien habillés (nombre d’entre eux travaillent en ville) ; et malgré tout, ils ont le sourire et sont chaleureux.
Nous avons surtout rencontrés des enfants que des parrains soutiennent. Ces enfants vivent avec leur famille dans les bidonvilles et l’argent versé leur permet de suivre le lycée, des études d’ingénieur ou de psychologie, études qui leur offre la possibilité de rêver à une vie meilleure…
Cette journée fût encore une fois une sacrée claque.
(En passant, moi ça m’a offert la possibilité de ramener des petits compagnons dans mes cheveux…)